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Henri Copin L'Indochine des romans  Kailash 2000      __________________________________________________________________________________________________________________________________________

Chronique

On commence à redécouvrir la littérature française de la péninsule indochinoise liée à l’époque coloniale. La décolonisation a en effet jeté longtemps le discrédit ou l’oubli sur ces romans, essais, poésies, pièces de théâtre écrits le plus souvent par des Français ou des métis franco-vietnamiens. La vogue de films comme Indochine ou l’Amant permet maintenant de republier des ouvrages oubliés. C’était l’objectif de l’ouvrage Indochine, un rêve d’Asie, sorti en 2000 aux éditions Omnibus. C’est également le but de cet ouvrage L’Indochine des romans, écrit par un spécialiste de l’image de l’Indochine dans la littérature française, de redonner vie à des auteurs injustement oubliés. Car on a affaire là à une véritable littérature, moins manichéiste qu’on veut bien le croire. Les vrais écrivains de la période coloniale ont tout vu, tout dit: la beauté du pays, mais aussi l’oppression des hommes, l’exotisme séduisant, mais aussi l’exploitation éhontée des richesses locales, la grandeur des cultures, mais aussi la confrontation des civilisations… L’ambition de l’essai-anthologie de Henri Copin, lui-même ayant passé, dit-il « ses années d’enfance et d’adolescence » en Asie, est de ressusciter par l’analyse et l’extrait des œuvres le charme des livres d’autrefois et de montrer qu’ils ont contribué à l’éveil de la curiosité et de l’intérêt, et peut-être même de la compréhension du public français pour la culture des pays de l’Indochine. A la différence de l’autre ouvrage cité, celui-ci, qui ne fait que 164 pages, comporte autant d’analyse que de citations d’œuvres. C’est que l’ambition de l’auteur est de tracer tout le parcours de la littérature « coloniale » en illustrant simplement son propos par des morceaux bien choisis des fictions qu’elle a engendrées. Quatre périodes thématiques sont donc distinguées, que précisent quatre dates couvrant l’ensemble de la période coloniale (même si la littérature ne s’arrête pas après, bien sûr): 1890 (mandarins, pirates et pavillons noirs); 1910 (colons, pécheurs et nha-qués); 1930 (petites épouses, pauvres métis, déracinés); 1950 (soldats, asiates et révolutionnaires). Cette catégorisation s’accompagne à chaque fois d’un choix de textes littéraires courts et d’une bibliographie succincte. C’est un parti pris de brièveté qui n’éviterait pas la sécheresse si les extraits n’étaient judicieusement sélectionnés et ne donnaient une bonne idée des ouvres de l’époque. On a donc réunis là vingt textes de 16 auteurs différents anciens et modernes. C’est peu mais éclairant et on aura envie de se plonger ensuite dans les œuvres intégrales qu’on trouvera à la médiathèque du Centre culturel français ou à la Bibliothèque nationale du Cambodge.

 

Jean-Jacques Donard

 

 

 

 

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