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Arnaud Barthouet  La Nuit rouge du Yên-Bay  Imprimerie Le-Van-Tan, 1930 __________________________________________________________________________________________________________________________________________

Chronique

Ce pseudonyme annamite: Bôn-mat (quatre yeux) cache un Français, appartenant ou ayant appartenu à l'armée, et vieux colonial par surcroit. Qu'il soit observateur, qu'il ait bonne mémoire, qu'il ait beaucoup de bon sens et de clarté d'esprit, cela est certain. Qu'il soit écrivain, c'est autre chose. Après tout qu'importe ? Ce qu'il dit est vrai, intéressant, parfois amusant, n'est-ce pas essentiel ? L'imagination et le don d'écrire auraient peut-être diminué la fraîcheur de ces récits, qui sont pleins de sincérité et de simplicité. La Nuit rouge du Yen-bay n'est pas un livre spécialement intéressant du point de vue historique ou documentaire; l'auteur s'y borne à reproduire la version officielle et ne nous apprend, sur l'événement tragique, rien de nouveau. C'est par les réflexions que cet événement lui suggère, que Bôn-mat retiendra l'attention des Indochinois, particulièrement des Tonkinois. Comme René Vanlande, il accuse les bureaux du ministère de la Guerre d'avoir désorganisé la force armée indochinoise, de l'avoir affaiblie par des mesures inconsidérées. Il est très dur pour le général Yung, auteur, selon lui, de la désagrégation des cadres. Dans le même volume, l'auteur, abandonnant Yen-bay, nous conduit à un examen des dangers de la frontière. Il la connaît, très bien; ses idées sur le Quang-Si sont des plus judicieuses et mettent les choses au point. Ce chapitre est des plus intéressants à lire et constitue, à ma connaissance, la meilleure monographie sur la question.

 

L'Eveil économique de l'Indochine, n° 698, 9 août 1931

 

 

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