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George Groslier La Route du plus fort Emile-Paul frères, coll. "Edmond Jaloux", 1925 __________________________________________________________________________________________________________________________________________
Résumé
A travers le cheminement des êtres, ce qu’ils taisent et ce qu’ils expriment, dans ce monde de rizières et de forêt claire ou foisonnante, de nuits étoilées où résonne la flûte, de villages affairés ou endormis le long des routes et des berges, le Cambodge ancestral et la France coloniale, tour à tour unis ou distants, tissent un très beau roman d’amour et de silence. Mais l’homme-action et la femme-passion se côtoient sans se fondre. La route bute sur la forêt profonde et la mort rejoint Hélène.
Editions Kailash __________________________________________________________________________________________________________________________________________
Chronique
Dans cette même chronique, nous évoquions la semaine dernière le deuxième roman de George Groslier Le Retour à l’argile écrit en 1928. Nous poursuivons cette semaine l’exploration de l’œuvre romanesque de cet homme hors pair qui consacra sa vie entière au Cambodge avec La Route du plus fort qu’il publia à Paris en 1926 et que les éditions Kailash eurent l’excellente initiative de rééditer dans la foulée du précédent. A n’en pas douter, La Route du plus fort possède le charme et le même pouvoir subtilement envoûtant du Retour à l’argile pour lequel il obtînt le Grand Prix de la littérature coloniale en 1931. Dans les années 20, Hélène Gassin, épouse heureuse d’un jeune et riche constructeur automobile rencontre sur une route d’Auvergne, au hasard d’une panne de voiture, Pierre Ternier, Résident colonial au Cambodge, qui lui porte secours. Elle s’éprend éperdument de cet homme porteur de nouveaux horizons qui, au fil de ses récits, lui fait découvrir un pays - le Cambodge - où elle se transporte bientôt pour en parcourir les routes chargées de soleil et de poussière, celles-là même que Pierre trace dans la province de Sangké (Battambang ?). Emblématique d’une certaine littérature française des années 20, ce roman est d’abord l’évocation d’un amour impossible, secret et silencieux qui ne trouvera d’issue que dans la mort de l’héroïne. En y regardant cependant de plus près, le lecteur attentif ne pourra s’empêcher de trouver dans la trame même de ce roman - somme toute classique - des correspondances troublantes avec l’histoire de la relation que nouèrent pendant plusieurs décennies un Cambodge ancestral et la France coloniale des 19ème et 20ème siècles. Certes, George Groslier réhabilite un pan de l’action de cette France relayée par le volontarisme et la pugnacité d’un certain nombres « d’hommes de bonne volonté » fondamentalement et sincèrement séduits par les us et coutumes de la société cambodgienne et désireux de lui apporter de meilleures conditions de vie par la création d’infrastructures : axes de communication, hôpitaux, écoles, etc. Mais on ne pourra nier la force visionnaire de ce roman où les « rencontres » restent sans lendemain et où, selon les mots de Solange Thierry, « la route bute sur la forêt ».
Pierre Andricq
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Réédition
- La Route du plus fort, Kailash, 1996 ISBN 2-909052-52-4

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Lien
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