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Jeanne Leuba La Tristesse du soleil Plon-Nourrit et Cie, 1913 ____________________________________________________________________________________________________________
Chronique
Le roman exotique foisonne mais peu de poètes se sont jusqu'ici aventurés dans cette voie nouvelle. A ce point de vue, la tentative de Mme Jeanne Leuba est tout à fait originale et se recommande par le charme de l'imprévu. Elle a exprimé, avec une rare puissance d'évocation, en une langue souple, riche de tons, les étrangetés de la terre conquise où le hasard la jeta, les aspects déconcertants, la mélancolie pénétrante de cette Indochine, si loin de nous par la race, la langue, la mentalité. De même, elle a su formuler, sur des rythmes prenants, avec une éloquence expressive, infiniment nuancée, la nostalgie qui se dégageait, pour l'être de culture occidentale, retenu au pays du soleil et de la vie intense, des incompréhensions qui l'entourent, de la splendeur cruelle des choses. Sédentaires et coloniaux accueilleront avec faveur cet essai qui sera, pour les uns un rappel des années d'exil, pour les autres une révélation qui leur est apportée par une muse résolue à écarter les sources trop faciles d'inspiration.
La Nouvelle Revue, mai-juin 1914
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