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Herbert Wild Le Conquérant Editions Chevalier, 1924 __________________________________________________________________________________________________________________________________________
Chronique
Herbert Wild (pseudonyme de Jacques Deprat, 1880-1935) est un écrivain singulier. Il fut en effet d’abord un géologue de grande valeur spécialiste de l’Asie du Sud-Est, avant d’être victime de ce qui fut une cabale la part de ses collègues, l’accusant de supercherie scientifique (le savant fut réhabilité de manière posthume, en 1991 seulement). Cette machination aboutit à sa radiation des cadres de la géologie française en Indochine, mais prélude à son entrée en littérature. Pour vivre, il écrira en effet une douzaine de romans entre 1925 et 1935, date de sa mort accidentelle dans les Pyrénées où il pratiquait l’alpinisme. L’écrivain n’oubliera jamais qu’il fut d’abord géologue et son premier roman, Le Conquérant, paru en 1924, se ressent de ses origines: il est tout imprégné de notes à caractère scientifique qui, tout en étonnant un peu le lecteur profane en la matière, prouvent que l’auteur connaît bien son sujet. L’action se situe en effet essentiellement dans les montagnes vietnamiennes, au moment de la ruée minière indochinoise, alors que le Tonkin devient un nouvel Eldorado pour des centaines et des centaines d’aventuriers de tout poil. L’histoire qu’il met en scène est véridique et, dans sa dédicace, Herbert Wild suggère même qu’elle fut vécue. On y voit un « monsieur tout neuf » venu de la métropole, Henri Voray, débarquer un beau jour à Saïgon pour faire fortune après avoir suivi en France une école de maîtres-mineurs. Mais il est jeune, inexpérimenté, et, malgré les conseils d’un prospecteur honnête, le bon Gravone, et d’un administrateur bienveillant de la fille duquel il tombe amoureux, M. Vernerey, il se laisse attirer dans une association douteuse par le foube Jean Szarvas, un escroc rusé et volontaire, qui a vite fait de piéger le naïf jeune homme. Qu’on se rassure, cet apprentissage douloureux de la vie réussira finalement à Henri Voray, qui verra ses rêves se réaliser… après avoir encouru inconsidérément de grands dangers et s’être retrouvé, littéralement, au bord du gouffre. C’est un roman manichéen que nous donne là l’écrivain, mais frappé au coin d’une réalité qui devait être à l’époque fort proche de ce qu’il nous représente des mœurs coloniales indochinoises encore sauvages, à laquelle la spéculation minière des années vingt confère encore plus de brutalité. Le pays possède des ressources naturelles intactes, mais situées dans des lieux difficiles, dont la dureté forge le caractère des premiers accapareurs de cette terre annamite si convoitée, si riche, mais au fond si hostile, déjà, à la conquête. Jean-Jacques Donard
Un livre sur les prospections Tonkinoises. — Ce livre intitulé Le Conquérant a été écrit, paraît-il, sous le pseudonyme de Herbert Wild par un ancien chef de l'un de nos services scientifiques. Il dépeint avec une rare exactitude la vie des prospecteurs pendant la minite d"avant-guerre. Ceux qui sont au courant de notre histoire minière y reconnaîtront certains types de prospecteurs bien connus, ainsi que des anecdotes savoureuses comme celles ayant trait au sondage de Yên-Thai et au périmètre du Pia-Ouac. On sent que les descriptions des régions montagneuses du Haut-Tonkin y sont faites par quelqu'un qui les connaît bien et les a parcourues longuement. Par contre pour corser l'intérêt du roman l'auteur nous montre un type de prospecteur, Gravone, qui nous semble assez naïf puisqu'il attend 6 mois après la découverte de riches gisements de calamine dans la région du Sông-Gam avant d'occuper la région par des périmètres de recherches. Habituellement c'est plutôt le contraire qui se produit, on occupe d'abord les périmètres et on les prospecte après, c'est le meilleur moyen d'éviter qu'un autre amateur ne vienne vous les souffler. Cette petite critique mise de côté, nous sommes sûrs que Le Conquérant sera lu avec plaisir par tous ceux qui s'occupent de mines en Indochine.
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Rééditions
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