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René Crayssac Le Poème de l'Annam (1903-1929) Lê-Van-Tan, 1929 _________________________________________________________________________________________________________________________________________
Chronique
Sous ce titre M. René Crayssac, l'administrateur-poète, que connaissent tous ceux qui veulent s'instruire d'une façon agréable et facile des us et coutumes des Annamites, de leurs croyances et de leur mentalité, vient de réunir en un seul volume les poésies précédemment publiées sous les titres: Sous les flambloyants, Les Griffes du dragon, Selon les rites, en y ajoutant deux autres séries de poèmes, celles-ci jusqu'ici inédites: Les Idées de M. Prune, vieux lettré et A l'ombre des pavots. Nous sommes peu qualifié, en dépit de quelques chroniques en vers, dont nous demandons amèrement pardon aux muses et aux hommes, pour juger de l'oeuvre poétique d'un vrai poète. Tout ce que nous savons dire, ignorant le langage technique des experts, c'est que ce que nous en avons lu nous a paru bien beau. Toutefois nous dirons que, sur un point, du moins nous ne partagerons pas l'avis du critique littéraire de France Indochine. Rayon de Soleil (M. Munier), en effet se plaint que La Lune (Crayssac) ait dédié chacun de ses 213 poèmes à une personne différente; il se plaint surtout de se trouver dans ce nombre, mêlé à des gens qui sont loin d'être ses égaux comme culture littéraire et même à de vulgaires béotiens. Rayon de Soleil est trop aristocrate. Pour nous, nous trouvons que ces multiples dédicaces témoignent d'une belle nature, et M. Crayssac, au lieu de prendre comme nom de plume La Lune aurait pu à plus juste titre choisir l'aniphile ou l'hilinthe. Il nous rappelle un de nos frères cadets, lorsqu'il fit sa première communion. Sa mère lui demandant: « A qui veux-tu envoyer des souvenirs ? »; « Rien qu'à mes amis intimes » répondit l'enfant — « Mais combien as-tu ? » — « Oh, maman, peut-être soixante dix ». M. Crayssac en a 213, c'est encore bien mieux ! mais le mieux c'est que nous sommes persuadé que ces 213 ont tous pour lui estime et sympathie, et bien d'autres encore, pour lesquels il faudrait un second volume.
H. C, Nos poètes. Le Poème de l'Annam in L'Eveil économique de l'Indochine, n° 643, 13 octobre 1929
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