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George Groslier Le Retour à l'argile Emile-Paul frères, coll. "Edmond Jaloux", 1928 __________________________________________________________________________________________________________________________________________
Résumé
Dans Le Retour à l’argile, Claude se rend compte, peu à peu, de la futilité des affirmations occidentales face au Cambodge dont il découvre les richesses dans sa pureté et sa continuité. Sans complaisance, pas plus pour lui-même que pour son milieu, nous accompagnons la remise en question de cet homme qui perd ses certitudes comme on enlève un à un ses vêtements, pour atteindre non pas une vérité, mais tout au moins un abandon des préjugés. “Comme le fleuve dépose ses alluvions et repart allégé.”
Editions Kailash __________________________________________________________________________________________________________________________________________
Chronique
Le résidant au Cambodge ou même le voyageur de passage – aussi court son séjour soit-il – ne peut échapper à l’évocation du nom de George Groslier. Né au Cambodge, le 4 février 1887, ce fils d'un administrateur des Services civils de l'Indochine a fait ses études en France en étudiant notamment la peinture à l'école des beaux-arts de Paris; mais très vite, il trouve l’occasion de revenir dans son pays natal au bénéfice d’une mission que lui confie en 1913 le Ministère de l'Instruction publique et la société Asiatique. Alors qu’il est mobilisé en 1917, le gouverneur général Albert Sarrault l’appelle à ses côtés pour mettre en œuvre une politique de « revivification » des traditions artistiques des peuples indochinois. George Groslier entreprend alors de redynamiser le secteur de l’artisanat local en créant à Phnom Penh – sur les bases d’une école des Arts décoratifs peu active - une véritable école des Arts cambodgiens comprenant des ateliers de dessin, de sculpture du bois et de l'ivoire, de travail du cuivre, de bijouterie, d'orfèvrerie, de tissage et de broderie. En 1920, à Phnom Penh, s’ouvrent les portes du Musée Albert Sarrault (aujourd’hui Musée national) qu’il organise et dont il fait le sanctuaire de l’art khmer. Celui qu’on surnomme « l’authentique » s’illustre encore par l’organisation des pavillons cambodgiens de l’Exposition des Arts décoratifs (1925) et de l’Exposition coloniale (1931). Engagé dans la résistance contre l’occupation japonaise au Cambodge, il est capturé et succombe le 18 juin 1945 aux tortures que lui infligent ses geôliers. Il nous laisse une production littéraire riche et multiforme d’où l’on extraira pour cette chronique son deuxième roman écrit en 1928. Ce Retour à l’argile, c’est celui que vit Claude Rollin, ingénieur fraîchement débarqué au Cambodge avec son épouse Raymonde. A l’inverse de cette dernière qui s’emmure et s’isole dans un rejet total de sa nouvelle condition de bourgeoise mondaine exilée, Claude découvre un pays qui le fascine au point de rompre avec la communauté française expatriée. Immanquablement, le couple se déchire. Claude tombe sous le charme d’une jeune cambodgienne devenue sa « congaïe » qui peu à peu et de manière presque imperceptible finit par accaparer sa volonté et présider à sa destinée…Ce roman de la « remise en question » et de « l’abandon des préjugés » selon les mots de Pierre L. Lamant, épouse évidemment le style littéraire de son époque mais le lecteur restera néanmoins frappé par sa valeur « ethnologique » et son extraordinaire actualité.
Pierre Andricq __________________________________________________________________________________________________________________________________________
Rééditions
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