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Jean d'Esme  Les Dieux rouges  Plon, 1923  __________________________________________________________________________________________________________________________________________

Chronique

Initialement publié par les éditions Plon en 1923, Les Dieux rouges a depuis fait l’objet de rééditions régulières fort justifiées et figure notamment dans l’excellente anthologie publiée en 1995 par Omnibus: Indochine, un rêve d’Asie. A n’en pas douter, Jean d’Esme (de son vrai nom: Jean d’Esménard) était prédestiné à s’illustrer dans la littérature issue de l’épopée coloniale, indochinoise notamment. Né en Chine à Shangai en 1894, il est en effet le petit-neveu d’un poète et le fils d’un fonctionnaire des douanes d’Indochine originaire de la Réunion. Après des études à Paris, il est entré en 1914 dans la section indochinoise de l’Ecole coloniale, mais s’est orienté au sortir de la Première guerre mondiale vers le voyage et le journalisme. Il a mené dans ce dernier domaine une carrière brillante au sein des rédactions, ou même à la direction de grands journaux parisiens (Je sais tout, l’Intransigeant, le Matin). Membre de l’Académie des Sciences d’Outre-mer, Président de la Société des Ecrivains maritimes et coloniaux, il a laissé en 1966 – date de sa mort – une oeuvre composite où se mêlent biographies de grands coloniaux et militaires (De Gaulle, Leclercq, Foch, De Lattre, etc.), fictions inspirées de ses voyages (Ethiopie, Madagascar, etc.); et quelques films documentaires (Les Sentinelles de l’Empire – 1938). Incontestablement, ses romans indochinois que lui ont inspirés ses souvenirs de jeunesse sont les plus remarquables. A l’instar de son roman Thi Ba, fille d’Annam, Les Dieux rouges est en effet souvent considéré comme l’un des « fleurons » de la littérature coloniale. On y suit les aventures de Pierre de Lursac, un jeune administrateur civil fraîchement débarqué de France et affecté au fameux « poste 32 » situé au pied du mont Pou-Kas - « le plus vilain coin de tout le Haut-Laos » - afin d’y mener une vaste opération de police contre les tribus moïs indépendantes de la région. Tandis qu’il s’enfonce dans cet hinterland peu connu, Pierre de Lursac ne sait pas encore qu’il y découvrira bientôt un monde ignoré et fabuleux peuplé d’un clan d’hommes préhistoriques vivant comme il y à 30 000 ans… Cette rencontre finira par lui être fatale. Le lecteur contemporain trouvera peut-être cette trame un peu « lourde ». Ce serait oublier  combien – dans cet entre-deux-guerres – la civilisation moï était encore inconnue au point d’alimenter quelques vertigineux fantasmes de nos coloniaux. Avec plus ou moins de bonheur, quelques écrivains trouvèrent là une nouvelle source d’inspiration. Parmi les plus talentueux d’entre eux,  Jean d’Esme ouvrît une nouvelle voie avec Les Dieux rouges…Celle du roman colonial fantastique.

Pierre Andricq      __________________________________________________________________________________________________________________________________________

Rééditions

  • Les Dieux rouges, La Renaissance du livre, coll. Revue de France, 1923
  • Les Dieux rouges, Plon, coll. "Bibliothèque reliée Plon", 1928
  • Les Dieux rouges, Editions de France, coll. "Le Livre d'aujourd'hui", 1932
  • Les Dieux rouges, Colbert, 1946
  • Les Dieux rouges, Livres de France, 1955
  • Les Dieux rouges in Indochine. Un rêve d’Asie, Omnibus, 1995 ISBN 2-258039-20-7
  • Les Dieux rouges in Indochine. Un rêve d’Asie, Omnibus, 2000 ISBN 2-258039-20-7
  • Les Dieux rouges, Kailash, coll. "Les Exotiques", 2001 ISBN 2-84268-067-7
  • Les Dieux rouges in Chasseurs de chimères. L'Âge d'or de la Science-fiction française, Omnibus, coll. "Omnibus SF", 2006 (1e éd. 1923) ISBN 978-2-2580-7048-6  

                    

                

 

 

 

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