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Alfred Blanchet Nicole et Ramsès La Renaissance du livre, 1919 __________________________________________________________________________________________________________________________________________
Chronique
Dans une suite de lettres, Nicole, la jeune fille coloniale, que nous présente notre collègue le capitaine Blanchet, peint avec une vérité et une vivacité de ton surprenantes, les divers pays qu'elle traverse. Tantôt elle décrit le désert égyptien, tantôt elle nous promène au bord des lacs prestigieux du Tonkin; aujourd'hui elle peint la Côte d'azur ou les montagnes de Suisse; demain elle traversera en gondole, les canaux de Venise à la recherche de l'âme soeur qu'elle est impuissante à rencontrer. Si nous restons sous le charme de ces captivantes descriptions, nous nous étonnons de voir cette Nicole, si intelligente, mais en même temps si positive, rechercher sans cesse un amour idéal et romanesque. L'explication de cette énigme se trouve à la fin du livre, quand, après avoir chanté dans de beaux vers intitulés le « Chant du Cygne », le désespoir de n'avoir pu réaliser son rêve d'amour, la jeune fille reconnaît enfin avoir trouvé le bonheur parfait, dans le plus prosaïque et le moins romanesque des mariages. C'est que Nicole avait pris pour désir d'amour un sentiment qui en réalité n'était qu'une ardente soif de maternité. Le lecteur de « Nicole et Ramsès », charmé par le beau talent de notre compatriote le capitaine Blanchet, sera heureux d'apprendre la prochaine apparition d'un nouvel ouvrage du même auteur : « Le feu sacré » qui sera publié en réponse au « Feu » de Barbusse, d'une si néfaste valeur.
Bulletin de la société Le Bugey, 13ème fascicule, décembre 1919
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