Accueil
Histoire de l'Indochine
Dictionnaire des auteurs
Chronologie des oeuvres
Bibliographie
La Lettre du Mékong
Textes numérisés
Morceaux choisis
Galerie
Liens
Contact

Pierre Billotey  Sao-Kéo ou le bonheur immobile  A. Michel, 1930   __________________________________________________________________________________________________________________________________________

Résumé

Lucien, le narrateur, offre à Paris ses services à un étrange personnage ayant vécu une partie de sa vie au Laos, et qui semble ne plus vouloir vivre que dans le passé. A la mort de ce dernier, encore habité par ses confidences, Lucien part avec sa femme en Asie du Sud-Est pour essayer de percer le secret de cet homme. Il va irresistiblement se sentir attiré par le Laos, et abandonnera tout pour y rester, en vivant au ralenti avec Sao-Kéo, sa nouvelle épouse laotienne. Un des meilleurs romans coloniaux.

Sao Keo  raconte l'histoire d'un notaire parisien qui met à jour l'un de ces destins d'aventuriers qui a fait le choix d'aller vivre ailleurs, différemment, alors que tout lui conseillait fortement de mener une vie tranquille sans se poser trop de questions... Etrange destin en effet que celui de cet homme qui, au lendemain de la guerre, se retrouve sans un sou et qui, par le plus grand des hasards, sera sauvé, mais aussi envoûté par son singulier propriétaire. Ainsi, quelques vingt années après ce dernier, refera-t-il le même itinéraire, avec la même recherche, dans le lointain Laos à la nature vierge et grandiose, parmi un peuple pastoral et serein, qui sait que le bonheur est immobile...

Editions Kailash 

__________________________________________________________________________________________________________________________________________

Chroniques


Un jeune Français, sain de corps et d'esprit, s'engage dans une aventure coloniale, entraîné par le charme d'une jeune fille dont il compte faire sa fiancée. A peine arrivé au Laos, il subit l'attirance irrésistible de l'intérieur et rompt sans hésitation avec le monde dans lequel il a vécu jusque-là pour s'enfermer dans un "bonheur immobile" dont la volupté est plus faite d'oubli et de silence que de satisfactions terrestres. Un jour, la Société vient tendre la main à l'enfant prodigue; au bercail il rentre, il ne sera plus jamais qu'une épave. L'auteur nous laisse le soin de juger de la moralité de cette histoire, et s'il faut admirer, plaindre ou blâmer ce renoncement au siècle sans grande compensation d'ordre intellectuel. Certains y verront sans doute le degré dernier de la sagesse, d'autres, plus
nombreux, nous le craignons, la fuite lâche devant les difficultés de la vie, une sorte de suicide moral. En soi le roman se présente sous une forme agréable et ne manque pas de qualités.

J. Ausseur, in La Quinzaine critique des livres et des revues, n°14, 25 mai 1930

 

L'épisode que raconte M. Pierre Billoley dans Sao-kéo ou le bonheur immobile ressemble à celui que M. George Groslier a raconté l'année dernière dans Le Retour à l'argile. L'un et l'autre romans mettent en scène un jeune français que les circonstances conduisent en Indochine, et qui abandonne sa qualité d'Européen pour adopter les moeurs et vivre de la vie locale. Le héros de M. Pierre Billotey découvre, au Laos, que le bonheur ne consiste même pas à posséder un peu d'or; « rien au monde ne vaut que l'on se fatigue »; l'immobilité, l'absence de soucis, le renoncement à toute ambition et à tout effort, voilà l'idéal. Evidemment, c'est une philosophie. Elle est d'ailleurs vieille comme le monde. On en connaît de pires, mais on en connaît de meilleures. Elle se borne à ranger l'homme sur le même plan que le lézard qui se chauffe au soleil ou que le cloporte qui dort sous son caillou. M. Pierre Billotey a voulu en faire le sujet principal de son livre; il n'y a pas réussi, n'en ayant fait que l'accessoire. Les préliminaires occupent les trois quarts du volume et constituent à eux seuls une aventure distincte. Mais soyons-lui indulgents, car s'il ne s'embarrasse pas de morale, du moins il évite avec soin les peintures déshonnêtes qui souillent la plupart de ses romans et il conclut en blâmant « cette absurde béatitude, cette honteuse paresse », en déclarant qu' « il faudrait certes se garder de prendre pour exemple de pareils rêveurs ». Allons, tant mieux !

Ch. Bourdon in Revue des lectures, n°6, 15 juin 1930

   __________________________________________________________________________________________________________________________________________

Réédition

  • Sao Kéo ou le bonheur immobile (Préface de Henri Copin), Kailash, coll. "Les Exotiques", 1995 ISBN 2-909052-72-9

     

 

 

 

 

 

 

 

 

                            

© 2012 Lettres du Mékong