|
Jean Box Totia, roman colonial P. Lacomblez, 1909 ____________________________________________________________________________________________________________
Chroniques
Oeuvre émouvante et curieuse, histoire assez simple d'un mari trompé par sa femme et abandonné avec, pour seule consolation, une petite fille, Totia, une enfant naturelle que le ménage avait adoptée pour cacher la faute d'une jeune fille. Cette histoire emprunte aux circonstances, au cadre pittoresque, — celui d'une lointaine concession au Tonkin sur les bords de la Rivière Noire, — dans lequel elle se déroule, un relief saisissant: dans une telle solitude, si loin de notre monde, de notre civilisation, les drames intimes, les tristesses, les dévouements, les grâces enfantines ont je ne sais quoi de plus grand, de plus poignant, de plus douloureux que dans le tumulte et la distraction de nos boulevards; et c'est cela que M. Jean Box a su très bien exprimer.
Ph. - Emmanuel Glaser, Le Mouvement littéraire (Petite chronique des lettres), P. Ollendorff, 1909
Dans son roman Totia M. Jean Box a noyé en de copieuses digressions un sujet ténu, à peine susceptible d'alimenter une nouvelle. Cependant le sous-titre "Roman colonial" laissait attendre mieux. On espère des évocations de sites, des descriptions de mœurs ou de coutumes qui ont toujours le don d'intéresser parce que bizarres ou étranges. Rien de tout cela; mais une présentation de gens sans âme dont les dialogues sont sans suite, les discussions sans passion. La nature extrême-orientale, dont tant d'auteurs ont vanté la luxuriance et la splendeur, apparaît, ici assez terne. Quant au texte, il est écrit agréablement, sans trop d'inspiration, de style courant et le critique en termine la lecture, comme dirait Arvers: n'ayant rien demandé et n'ayant rien reçu.
O. De Vuyst, in Le Thyrse, revue d'art mensuelle, octobre 1909
|