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Geneviève de Galard  Une femme à Dien Bien Phu  Les Arènes, 2003 ISBN 2-912485-54-1        __________________________________________________________________________________________________________________________________________

Chronique

Attirée « par cette lointaine colonie qui était, depuis les années 30, un véritable mythe pour beaucoup de Français », Geneviève de Galard, convoyeuse de l’air, fut, à 27 ans, la seule femme présente à Dien Bien Phu durant la bataille, chargée de soigner les blessés lors des évacuations aériennes. A partir de mars 1954, la bataille s’intensifiant, et son avion sanitaire ne pouvant plus repartir, Geneviève de Galard partagea le sort des 15 000 soldats retranchés dans le camp de Dien Bien Phu avec pour seul mot d’ordre « sauver l’homme par tous les moyens ». Durant deux mois terribles, elle incarna pour tous les soldats l’infirmière, la confidente, et l’image de la douceur féminine dans l’enfer des combats: « ma seule présence, parce que je suis une femme, semble donc rendre cet enfer un  peu moins inhumain ». Après la chute du camp, elle fut célébrée mondialement, et l’Amérique lui réserva même un accueil triomphal à New York. Les officiers du 3ème bataillon parachutiste de choc, dont le Capitaine Hélie Saint-Marc, lui adressèrent cette lettre: « Vous ne saurez jamais combien nous avons été près de vous et de nos camarades durant les terribles journées que vous avez passées à Dien-Bien-Phu. Vous avez représentée pour nous le dévouement et l’abnégation jusqu’à l’extrême limite. Nous vous demandons de nous laisser sur cette impression. Vous ne pouvez plus vous permettre d’être une femme comme les autres. Laissez de côté toute propagande et publicité. Nos camarades n’ont besoin, ni d’articles, ni de films. L’histoire les jugera. Vous étiez avec eux. C’est suffisant ». « Longtemps, en total accord avec cette lettre, je me suis tue. Je ne voulais pas alimenter la publicité dont j’avais été l’objet en 1954 après Dien Bien Phu. Elle m’était apparue exagérée, et parfois déplacée, à l’heure où mes camarades prisonniers souffraient encore dans les camps ». Geneviève de Galard témoigne donc, de nouveau, 50 ans après, faisant appel à son souvenir « ce miroir vivant qui fait souffrir toutes les tortures », et le Capitaine Saint-Marc, revenant sur sa lettre de 1954, l’incitait maintenant à écrire: « plus que jamais, je crois en la force des témoignages ». Lui-même,  longtemps silencieux, avait rompu le silence en l’année 2004, commémorative de cette page tragique de l’histoire de France.

 

Olivier Jeandel  

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Rééditions

  • Une femme à Dien Bien Phu, France loisirs, 2003 ISBN 2-7441-6800-9
  • Une femme à Dien Bien Phu, Le Grand livre du mois, 2003 ISBN 2-7028-8956-5
  • Une femme à Dien Bien Phu, Editions de la Loupe, coll. "Histoire", 2003 ISBN 2-84868-018-0
  • Une femme à Dien Bien Phu, J'ai lu, coll. "J’ai lu", 2004 ISBN 2-290-34246-7

         

 

 

 

 

 

 

 

 

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