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Histoire de l'Indochine (en cours de rédaction)   ____________________________________________________________________________________________________________

Les premiers contacts entre la France et l'Indochine (Début du 17ème siècle - 1858)

 

 

Portrait de Pierre PoivreLes premières relations de la France avec la péninsule indochinoise datent du début 17ème siècle avec l’arrivée des missionnaires catholiques et des communautés chrétiennes. En 1721, la Compagnie française des Indes orientales envoie  l’un de ses agents, Renault, en mission dans l’archipel de Poulo-Condor afin d’y enquêter sur sa population, son climat, son littoral et ses productions. En 1748, le Secrétaire d’état à la Marine, Jean Phélypeaux de Maurepas, confie une mission similaire au négociant lyonnais Pierre Poivre. Celui-ci est accueilli avec bienveillance par la cour et les mandarins de Hué. Le Roi l’autorise à fonder un comptoir dans la Baie de Tourane (Danang), comptoir qui ne voit cependant pas le jour en raison de la faillite de la Compagnie française des Indes orientales.

 

 

Portrait de Pierre Pigneau de BehaineEn 1785, Giâ-Long, empereur détrôné de l’Annam, charge l’évêque d’Adran, Pierre Pigneau de Behaine, de se rendre à Versailles en France auprès de Louis XVI, avec une délégation constituée de son fils, le prince Canh alors âgé de cinq ans, de deux mandarins et de trente annamites, pour lui proposer un accord. Le 28 novembre 1787 est signé le Traité de Versailles par lequel Louis XVI promet l’envoi de bâtiments de guerre, de soldats, de munitions et d’argent au prétendant annamite en contrepartie de la cession de la Baie de Tourane, de quelques îles et d’une armée de 40.000 hommes chargée de veiller sur les possessions françaises en Asie. La Révolution française empêche la mise en œuvre de ce traité, mais Pigneau de Béhaine rentre en Cochinchine avec quelques officiers français qui instruisent les soldats indigènes, construisent des fortifications à l’européenne, et aident Giâ-Long à reconquérir le pouvoir contre ses usurpateurs. En 1789, ils prennent le Tchampa; et de 1789 à 1801, la Cochinchine centrale; puis le Tonkin. Grâce à ce soutien, Giâ-Long est proclamé empereur et règne jusque 1820.

 

 

L'expansion coloniale française en Indochine (1859 - 1907)

 

 

Les successeurs de Giâ-Long: Minh-Mang (1820-1841), Tien-Tri (1841-1847) et  Tu-Duc (1847-1883) adoptent une politique radicalement différente, délibérément anti-occidentale et anti-catholique en s’alignant sur les orientations de la politique chinoise. Des persécutions menées à l’encontre des missionnaires occidentaux appellent à plusieurs reprises des manœuvres d’intimidation de la flotte française au large des côtes de l’Annam. En 1847, Tourane est bombardée par les bâtiments du Commandant Lapierre.

 

 

Portrait de Charles Rigault de GenouillyEn 1856, Montigny, envoyé en mission auprès de Tu-Duc, n’obtient pas de réponse aux réclamations du gouvernement français. Après le meurtre de Monseigneur Diaz, évêque espagnol, le gouvernement impérial décide de réagir vigoureusement: l’amiral Charles Rigault de Genouilly est chargé de mener une expédition franco-espagnole contre Tourane qu’il occupe le 31 août 1858; puis contre Saïgon plus au sud où il s’établit le 17 février 1859. La Guerre d'Italie, puis l'expédition de Chine, obligent la France à différer la conquête complète de la Cochinchine qui ne laisse à saigon qu'une faible garnison. Tu-Duc lance alors une contre-offensive et charge le général Nguyên-Tri-Phuong d'assiéger la ville avec une armée de 20.000 soldats. Après huit mois de siège, l'escadre de l'amiral Léopold Charner apparaît dans les eaux de la rivière de Saigon en février 1861 et bloque à son tour l'armée annamite par une action conjuguée de sa flotille et de ses 4000 hommes de débarquement. My-Tho, grenier de l'empire d'Annam, tombe en avril 1861. Tu-Duc, par ailleurs confronté à une insurrection fomentée par le prince Lé-Phung au Tonkin, est contraint de céder. Le 5 juin 1862, il concède un "traité de paix et d'amitié" signé à Saigon par son plénipotentiaire Phan Than Gian, assurant à la France la liberté du culte de la religion catholique; ainsi que la possession des trois provinces méridionales de Giâ-Dinh, Dinh-Tuong (My-Tho) et Bien-Hoa composant la moitié orientale de la Cochinchine, ainsi que de l’île de Poulo-Condore.

 

 

Malgré la signature de ce traité, la Cour de Hué suscite des révoltes dans les provinces concernées et fait ériger des fortifications dans la région de Vinh-Long et de Go-Cong. Ces initiatives provoquent l'organisation de plusieurs expéditions françaises par le général Chaumont dans la province de Saigon, et par le colonel Loubère dans la province de Bien-Hoa, avec le renfort d'une nouvelle escadre amenée par l'amiral Jaurès. Tu-Duc est de nouveau contraint de recevoir à Hué les plénipotentiaires français, l'amiral Louis Bonard, et espagnol, le colonel Palanca-Gutierres, et de ratifier le 14 avril 1863 le Traité de Hué confirmant l’accord de Saigon de l’année précédente.

 

 

Portrait de Ernest Doudart de LagréeEn 1862, s'ouvre la période dite du « gouvernement des amiraux » qui se prolonge jusque 1879. Pendant cette période, la Marine est investie du gouvernement de la Cochinchine française. Ses jeunes officiers se réunissent auprès du père Théophile Legrand de La Liraye, missionnaire et responsable d’un Bureau de renseignement sur les coutumes et les institutions indigènes. Ils apprennent la langue locale, suivent des cours "d'administration annamite" et se consacrent à la pacification du pays et à la lutte contre les pirates. Ils font fonction d’officiers des affaires indigènes et recrutent des auxiliaires autochtones dont ils contrôlent l’action. A partir de mai 1863, l’amiral Pierre-Paul de La Grandière remplace l'amiral Bonard aux fonctions  de gouverneur de la Cochinchine. Il veut assurer à la France le libre accès à la vallée du Mékong et charge le capitaine de frégate Ernest Doudart de Lagrée d'une mission auprès de Norodom, Roi du Cambodge. Le Royaume, tiraillé depuis deux siècles entre le Siam et l'Annam, amputé de nombreux territoires par ses voisins, accepte de se placer sous la tutelle de la France. Cet accord est ratifié par le traité de protectorat français sur le Cambodge du 11 août 1863.

 

 

 

Photo de Norodom, Roi du Cambodge Malgré ces succés, la poursuite de troubles insurrectionnels dans les différentes possessions françaises soulève les hésitations du gouvernement français sur la pertinence de son action en Indochine. En juin 1863, une ambassade annamite dirigée par le mandarin Phan Tanh Gian est accueillie par Napoléon III à qui parallèlement le lieutenant de vaisseau, officier du corps expéditionnaire, Louis-Gabriel Aubaret recommande le respect de l’intégrité territoriale du Vietnam et que la France se contente du contrôle de quelques ports et d’un protectorat très souple. Nommé consul à Bangkok, Aubaret se rend en mai 1864 à Hué pour négocier avec Tu-Duc une éventuelle rétrocession des provinces cochinchinoises. Croyant à un aveu de faiblesse, ce dernier n'accepte pas les propositions françaises et rend caduque l'hypothèse d'une présence limitée. En novembre 1864, le ministre de la Marine Prosper de Chasseloup-Laubat remet à Napoléon III un rapport concluant à la nécessité de conserver la Cochinchine. En janvier 1865, le traité de Hué est ratifié par la France. Chasseloup-Laubat donne l'ordre à l'amiral La Grandière de réprimer les mouvements insurrectionnels ayant leurs bases dans les provinces de Vinh-Long, Chau-Doc et Ha-Tien laissées à Tu-Duc. Menée du 18 au 23 juin 1867, une nouvelle campagne aboutit à l'annexion de ces trois provinces, ainsi que celle de Soc-Trang, à la Cochinchine française.

 

 

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Carte de la conquête de l’Indochine française  

 

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